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Philosophy

Début de capitalisation sur l'héritage de William James Sidis

Sep 19, 2007 by Edouard Rigaud

Vie, entropie, Bien et Mal
Conformément a la théorie de la désintégration positive de Kazimierz Dabrowski, on peut considérer que l'etre humain, dans son sens le plus global, ne peut s'élever d'un point de vue conscience qu'a travers son affrontement victorieux de crises existentielles profondes successives, de type dépressions anxieuses névrotiques. Cet affrontement victorieux consistera pour l'Homme a vaincre de manière récursive ses angoisses intrinsèques, limitatrices d'un point de vue achèvement, création, indépendance, conscience et esprit critique, pour enfin réaliser la nécessité de donner un sens a sa vie suivant des valeurs spécifiques qu'il a lui meme définies. Einstein l'a d'ailleurs rapporté dans une pensée nommée Comment juger un homme? : «Je détermine l'authentique valeur d'un homme d'après une seule règle : a quel degré et dans quel but l'homme s'est libéré de son Moi?» [A. Einstein, rapporté dans Comment je vois le Monde].
Une fois cet affrontement victorieux parvenu a son terme, apparait la difficulté de la formalisation. L'homme perçoit le besoin de définir le sens de sa vie, et doit par la meme identifier les valeurs références sur lesquelles il pourra batir. Il se retrouve alors dans une situation ou rationalité et formalisme sont très souvent absents, car dominés par des paradigmes spirituels, philosophiques, intellectuels voire matériels. En d'autres termes, quelle réponse rationnelle peut-il donner au questionnement fondamental suivant : « quelles devraient etre les valeurs idéales sur lesquelles ma vie doit se baser ? »
C'est dans ce magma de concepts que l'utlisation d'une proposition de William James Sidis s'avère fondamentale. Dans son ouvrage intitulé The animate and the inanimate, Sidis propose l'hypothèse suivante: la Vie est une inversion du second principe de la thermodynamique, dans notre portion d'espace-temps ou le second principe de la thermodynamique est la tendance dominante d'un point de vue probabiliste. En d'autre terme, la Vie est le mécanisme qui a la capacité de diminuer l'entropie totale de l'Univers.
Quelques exemples :

De manière maintenant plus intuitive et sensible, basée sur l'expérience individuelle et culturelle et toujours dans le cadre de l'utilisation de l'hypothèse fondamentale de Sidis, on peut poser que la notion de Bien correspond a une diminution de l'entropie totale de l'univers, alors que la notion de Mal correspond a une augmentation de l'entropie totale de l'univers. Je laisse le soin au lecteur sensé de constituer des exemples, batis sur l'expérience personnelle, pour illustrer cette affirmation. De ce fait, il devient possible pour l'Homme de formaliser le sens qu'il souhaite donner a sa vie en se basant sur ces hypothèses. Si l'on fait le choix de vouloir mener une existence batie sur la valeur Bien, il faut et il suffit d'agir pour diminuer l'entropie de l'univers.

Le Pacifisme : Einstein et désobéissance civique
Tout homme qui fait le choix de Penser de manière formelle au cours de sa vie se trouve souvent amené a considérer les grands problèmes de son temps qui menacent l'humanité. Le penseur essaiera de manière classique et naturelle de formuler une analyse puis de proposer une solution implémentable.
En nous recentrant sur le XXème siècle, il apparait assez nettement qu'un des grands problèmes de cette époque pour l'humanité est relatif aux conflits armés et a leur périmètre potentiel de destruction.
On comprend ainsi aisément pourquoi Albert Einstein a consacré une grande partie de sa vie a la promotion du pacifisme sous toute ses formes, meme les plus radicales : la lecture de la note intitulée Quel est le problème du pacifisme, rapportée dans l'ouvrage cité précédemment Comment je vois le Monde, en donne un bon exemple.
Un grand problème n'en est un que par la difficulté voire l'impossibilité a implémenter une solution le résolvant. Dans le cas d'Einstein, il s'agit d'aller a l'encontre de la tendance des gouvernements du monde entier a développer les armements et de manière dépendante a entretenir un climat belliqueux international. Pour etre plus précis, Einstein analyse la difficulté de donner vie a l'acte juste lorsque celui-ci va a l'encontre du fonctionnement majoritaire, de l'attitude de la masse, et propose comme solution la soustraction radicale voire violente du comportement individuel, de la majorité silencieusement consentante voire complice.
Enfin, il faut noter qu'au moins dans le cas décrit ci-dessus nous sommes en parfaite adéquation avec le premier paragraphe de cet article. En effet, quoi de plus créateur d'entropie que l'accumulation et l'utilisation d'armement (matériel létal et explosifs, particulièrement la bombe nucléaire) ? Tout en gardant a l'esprit que la supposée contradiction pouvant résider dans la participation d'Einstein au développement des armes nucléaires n'est qu'apparente si l'on considère l'acte de manière global et téléologique (domination des armées alliées vis-a-vis de l'armée nazie ayant elle aussi activé un programme nucléaire militaire).
En conservant l'hypothèse de Sidis présentée au premier paragraphe, nous pouvons donc conclure qu'Einstein a proposé la désobéissance civile radicale voire violente pour lutter contre une cause de son temps largement productrice d'entropie.

Proposition pour le futur
J'affirme qu'a l'heure actuelle l'homme ne nait pas libre dans l'ensemble des sociétés, occidentales en particulier. Sa liberté lui a été otée a partir du moment ou son identité a été enregistrée dans les registres nationaux, c'est-a-dire au moment ou la finalité de son existence s'est définitivement orientée vers l'accomplissement économique. L'homme qui décide de se soustraire a ce déterminisme est immédiatement taxé au mieux d'asocial, au pire de criminel. L'acquisition de papiers d'identité officiels coincide avec la perte de l'autodéterminisme humain global. Le monde est économique, il faut donc entretenir cette économie; cela passe par la croissance, qui elle est alimentée par une consommation toujours plus grande de l'etre humain. Et lorsque l'on atteint les limites naturelles de consommation de l'homme, on développe artificiellement des besoins. L'homme doit manger toujours plus, et s'il devient obèse, il lui suffira de consommer des pilules amaigrissantes.
Actuellement production et consommation sont des fonctions du temps croissantes a l'infini alors que l'ensemble objectif des besoins vitaux matériels de l'homme est borné. Il y a utilisation des réserves d'énergies potentielles (hydrocarbures, forets, ...) pour l'accomplissement d'une tache dont le rendement est en vertu du second principe de la thermodynamique inférieur a 1; tache permettant de répondre aux besoins matériels sans cesse grandissant de l'homme, besoins développés artificiellement pour éviter que le processus économique ne s'enraye. Selon l'hypothèse de Sidis, on a également augmentation énorme d'entropie lors de la destruction inexorable des espèces vivantes sur terre qui accompagne cette marche en avant de l'économie, avec comme effets finaux effet de serre et diffusion de l'énergie potentielle utilisable en chaleur. L'économie, composante ultra majoritaire de l'ère humaine, est un processus producteur gigantesque d'entropie.
Einstein nous a montré la voie en formalisant le type d'opposition a établir a l'encontre des processus trop producteurs d'entropie. Il est maintenant de notre devoir, pour etre cohérent avec la nature meme de notre existence ( - selon Sidis - état d'aboutissement complexe du mécanisme de Vie constituant l'inversion du second principe de la thermodynamique dans notre section d'espace-temps ou le second principe de la thermodynamique est dominant d'un point de vue probabiliste), de nous opposer au développement économique incontrolé, gigantesque producteur d'entropie, soutenu par l'ensemble des gouvernements non anecdotiques du monde entier.